Laurely Birba
Laurely Birba

God of War Laufey fait l'objet d'une polémique. Récemment, nous vous avons parlé des entretiens que nos confrères d’Edge ont pu mener avec un certain nombre de figures du secteur vidéoludique pour connaître leur avis sur l’état actuel de l’industrie. Parmi eux, Bruce Straley que tout le monde connaît pour son travail chez Naughty Dog – il a notamment été le réalisateur d’Uncharted 2 : Among Thieves, de The Last of Us et de son extension Left Behind, et d’Uncharted 4 : Thief’s End.

Au cours de son entretien avec le magazine britannique, Bruce Straley avait indiqué que, parmi les raisons qui expliquent les difficultés rencontrées en ce moment par l’industrie du jeu vidéo, il y a le manque d’enthousiasme et l’ennui que peuvent susciter les productions AAA. Pour illustrer sa réflexion, il avait pris comme exemple God of War Laufey.

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Les graphismes ne font pas tout

« Lorsque je pose les yeux sur God of War Laufey, chaque pixel est hallucinant, avait-il affirmé. La quantité de travail et le niveau de maîtrise qu’il y a dans chaque image… J’ai créé ce genre de jeu, et je continue d’être époustouflé. Mais quand je regarde ce qu’il est possible de faire dans le jeu, je ne suis pas plus enthousiaste que ça. Je n’ai rien contre God of War Laufey. C’est simplement que, de manière générale, dans les jeux AAA, j’ai le sentiment qu’il n’est plus possible d’intégrer des idées novatrices. »

Même si la position de Bruce Straley peut s’entendre, le fait d’avoir cité nommément le jeu de Santa Monica Studio en a dérangé quelques-uns. C’est la raison pour laquelle le bonhomme a tenu à préciser sa pensée via un post sur X.

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« Je veux m’excuser auprès de l’équipe derrière God of War Laufey pour l’avoir entraînée dans cette polémique inutile. J’essayais simplement d’illustrer l’une de mes préoccupations vis-à-vis de l’industrie, et j’ai fait l’erreur de citer votre jeu. Mes propos ont été sortis de leur contexte à des fins de clickbait. Vous n’avez pas besoin de ça. Je suis désolé.

Un journaliste a demandé mon avis sur l’état de notre industrie. J’ai mentionné quelques problèmes, comme le manque d’innovation et de prise de risque dans les productions AAA. Ce n’est pas la faute de l’équipe ! Ma crainte est que les joueurs finissent par se lasser de jouer aux mêmes jeux depuis 20 ans. »

Des jeux qui se ressemblent tous

Bruce Straley poursuit : « Notre média est unique parce que les joueurs sont acteurs. Physiologiquement, c’est différent des spectateurs qui, eux, regardent un film. Ça demande aux créateurs que nous sommes de créer des nouvelles expériences, sinon nous risquons de réduire la dopamine chez les joueurs.

Half-Life 2 est sorti en 2004, Gears of War en 2006, BioShock en 2007, Uncharted 2 en 2009, The Last of Us en 2013. J’ai le sentiment que ces jeux (et bien d’autres) ont défini les productions AAA modernes. Chacun d’eux donne l’impression d’essayer d'apporter une nouvelle expérience. Mais, pour moi, ce n’est qu’un des problèmes auxquels est confronté le secteur. »

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Un manque de vision

Il ajoute : « Malheureusement, les plateformes qui devraient apporter de la stabilité ont sapé la capacité d’innover. La course aux jeux service, la volonté de créer le prochain Overwatch, le prochain Fortnite ou le prochain Roblox, ce n’est pas une stratégie viable. Ça montre surtout que ces "leaders" de l’industrie ne connaissent pas leur propre marque.

Il y a clairement un manque de leadership, de vision et de conviction de la part des gens en charge de l’aspect financier. L’argent apporte de la stabilité. Je pense que, s’ils croyaient en leur marque, ils pourraient échanger de manière plus honnête et plus inspirante avec les créateurs afin que notre média redevienne novateur.

J’ai des réflexions sur ce qui ne va pas, sur ce qui fait du mal à notre industrie, et sur la façon dont nous pourrions remédier à ces problèmes. J’ai essayé d’avoir une conversation réfléchie, mais je me suis pris les pieds dans le tapis en mentionnant God of War Laufey. Ce fut une erreur. »

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Si l’on jette un œil aux réactions qu’a suscitées cette mise au point, on s’aperçoit que la plupart des personnes n’en veulent pas à Bruce Straley. Bien au contraire, elles sont nombreuses à dire qu’il ne fait qu’énoncer une évidence, même s’il leur paraît difficile de proposer constamment un nouveau concept.

Pour mémoire, on rappelle que God of War Laufey est attendu pour le 16 février 2027 sur PS5. De son côté, Bruce Straley a fondé son propre studio en mars 2021. Baptisé Wildflower Interactive, il comptait une douzaine de développeurs en 2025. Il fonctionne exclusivement en télétravail et œuvre actuellement sur son premier jeu, Coven of the Chicken Foot.

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