Les plus

  • Liam McIntyre, parfait dans le rôle de Logan
  • Des combats violents et jouissifs
  • Une mise en scène spectaculaire, digne d’un blockbuster Marvel
  • Un rythme plutôt bien maîtrisé
  • Une progression simple mais efficace
  • Plein de superbes costumes à débloquer
  • Une expérience linéaire bien calibrée avant GTA 6

Les moins

  • Une infiltration très basique, trop même
  • L’odorat de Wolverine sous-exploité, alors qu’il aurait pu donner lieu à de vraies séquences de traque
  • Une exploration limitée
  • Un manque de profondeur pour ceux qui recherchent de la technicité

Marvel’s Wolverine assume son approche old school avec une aventure spectaculaire, brutale et sans temps mort.

Maxime Chao
Maxime Chao
Marvel's Wolverine

Depuis quelques années maintenant, les X-Men ont enfin retrouvé leur maison-mère. Après la Fox, les droits cinématographiques des mutants appartiennent désormais à Marvel Studios, qui prépare leur grand retour dans le MCU. Le mois dernier, lors de la D23, Kevin Feige a d’ailleurs dévoilé le casting du prochain film X-Men ainsi que sa date de sortie. Avec deux ans d’avance sur le cinéma, Wolverine tombe donc plutôt bien pour faire patienter les fans. Mais Insomniac a surtout choisi de prendre le contrepied de la tendance actuelle. À l’heure où les jeux AAA nous imposent des mondes ouverts capables de nous occuper pendant plus de 100 heures, Wolverine revient à une formule plus old school : une aventure linéaire, spectaculaire et rythmée, qui va droit au but sans faire perdre son temps au joueur. Et pour un personnage comme Logan, difficile d’imaginer meilleur terrain de jeu. Reste à voir si Insomniac Games a réussi à transformer cette promesse en véritable grande aventure.

Avant de se lancer pleine balle dans ce test complet, il faut commencer par remettre Wolverine dans le contexte d’Insomniac Games, qui s’est imposé comme le studio PlayStation le plus prolifique de la génération PS5. Entre Ratchet & Clank: Rift Apart, Marvel’s Spider-Man 2 et désormais Wolverine, le studio enchaîne les grosses productions avec une régularité assez impressionnante. Et si le jeu ne cherche clairement pas à réinventer la roue, Dieu sait qu’Insomniac Games sait la faire tourner. Car il est franchement difficile de s’ennuyer dans Wolverine. Le jeu nous prend par la main, déroule son histoire à un rythme soutenu et ne lésine jamais sur la mise en scène. Pas de grand monde ouvert « à la Sony » à parcourir pendant des heures, ni de formule que l’on aurait déjà écumée jusqu’à plus soif avec les Spider-Man ou les Ghost of Tsushima. À la place, Insomniac privilégie de petites zones dans lesquelles on peut parfois choisir entre infiltration et action frontale, avant de reprendre le fil de l’aventure. Pour le reste, Wolverine assume pleinement son ADN de beat’em up pur jus, avec quelques phases de plateforme simples mais suffisamment fluides pour ne jamais casser le rythme. Et surtout, le studio mise tout sur ce qui fait la particularité de Logan : des combats brutaux, nerveux et particulièrement sanglants. 

Marvel's Wolverine

18+, mais mainstream quand même

Marvel’s Wolverine veut être un jeu spectaculaire avant d’être compliqué, et sur ce terrain, le studio Insomniac Games sait parfaitement ce qu’il fait : les attaques, les esquives, les parades et les capacités spéciales s’enchaînent avec une fluidité qui donne rapidement l’impression de maîtriser le personnage. C’est d’autant plus efficace que les griffes ne sont pas là uniquement pour faire joli. Les combats sont franchement violents, avec du sang, des démembrements et des exécutions parfois particulièrement graphiques. Logan peut encaisser énormément grâce à sa régénération, mais il n’est pas invincible, tandis que le système de Rage permet de reprendre temporairement l’avantage en augmentant sa puissance. Une petite couche RPG vient enfin accompagner cette montée en puissance, avec de nouvelles techniques et des améliorations permettant d’affiner la régénération, les dégâts ou la mobilité de Logan. Rien de suffisamment complexe pour casser l’accessibilité du jeu, mais assez pour donner un vrai sentiment de progression.

Marvel’s Wolverine veut être un jeu spectaculaire avant d’être compliqué, et sur ce terrain, le studio Insomniac Games sait parfaitement ce qu’il fait : les attaques, les esquives, les parades et les capacités spéciales s’enchaînent avec une fluidité qui donne rapidement l’impression de maîtriser le personnage. C’est d’autant plus efficace que les griffes ne sont pas là uniquement pour faire joli. Les combats sont franchement violents, avec du sang, des démembrements et des exécutions parfois particulièrement graphiques. Logan peut encaisser énormément grâce à sa régénération, mais il n’est pas invincible, tandis que le système de Rage permet de reprendre temporairement l’avantage en augmentant sa puissance. Une petite couche RPG vient enfin accompagner cette montée en puissance, avec de nouvelles techniques et des améliorations permettant d’affiner la régénération, les dégâts ou la mobilité de Logan. Rien de suffisamment complexe pour casser l’accessibilité du jeu, mais assez pour donner un vrai sentiment de progression.

Marvel's Wolverine

Follow my lead

Et cette volonté de ne jamais perdre le joueur se retrouve jusque dans l’exploration. Marvel’s Wolverine est un jeu qui multiplie les petites aides pour nous remettre constamment sur le bon chemin, au point que l’on a rarement besoin de se demander où aller. Son fameux odorat est notamment mis à contribution pour faire apparaître une piste et guider Logan jusqu’à sa prochaine destination. Impossible ou presque de se perdre, même lorsqu’une zone pourrait laisser croire qu’il existe plusieurs chemins possibles. C’est pratique, évidemment, mais cela participe aussi à cette impression de jeu extrêmement balisé. Les séquences d’infiltration sont encore plus révélatrices, vu qu’elles reposent sur des mécaniques très basiques, avec des ennemis à contourner, une IA pas très fut-fut et des éliminations silencieuses qui donnent parfois l’impression de ressortir directement d’un jeu d’action d’il y a quinze ou vingt ans. Et quelque part, on comprend pourquoi.

Wolverine est un titre construit autour du rythme et du spectacle, et Insomniac Games ne veut visiblement jamais laisser une mécanique secondaire venir casser la dynamique de l’aventure. L’infiltration est donc là pour varier les plaisirs, puis le jeu nous ramène rapidement vers ce qu’il fait de mieux : l’action. Mais cela n’empêche pas de regretter que tout soit à ce point simplifié. On aurait aimé que l’odorat de Wolverine permette davantage de jouer avec l’environnement, que les phases de traque soient plus poussées ou que l’infiltration exploite réellement les capacités d’un mutant doté de sens surdéveloppés. Le problème n’est pas tant leur simplicité que leur manque d’ambition. Insomniac Games a manifestement préféré l’efficacité à la profondeur, et si ce choix fonctionne plutôt bien dans le rythme général, il laisse parfois un léger goût d’inachevé.

Marvel's Wolverine

X-Men : les origines

Là où Marvel’s Wolverine marque davantage de points, c’est dans sa narration. Et ce n’est finalement pas une énorme surprise quand on connaît le savoir-faire d’Insomniac dans ce domaine. Le studio avait déjà démontré avec les Spider-Man qu’il savait raconter des histoires de super-héros à grand spectacle tout en donnant suffisamment de place à ses personnages pour que l’on s’attache réellement à eux. Wolverine confirme cette maîtrise. L’aventure nous fait ainsi assister à l’avènement des X-Men et de la Team X, tout en construisant progressivement une galerie de personnages qui ne servent pas simplement de faire-valoir à Logan. Plusieurs figures fortes viennent ainsi croiser sa route, avec des relations qui évoluent au fil du récit et donnent suffisamment de chair à une histoire qui aurait pu facilement se contenter d’enchaîner les séquences d’action.

Et si l’histoire fonctionne aussi bien, c’est en grande partie grâce au talent des acteurs, à commencer par Liam McIntyre, qui prête sa voix et sa personnalité au mutant griffu. Un acteur que j’avais découvert, comme beaucoup, dans Spartacus, et qui campe ici un Logan particulièrement convaincant, avec ce mélange de rage, de fragilité et de sarcasme qui colle parfaitement au personnage. D’ailleurs, difficile de ne pas souligner à quel point Insomniac a réussi à retranscrire physiquement Wolverine. Logan est petit, trapu et musclé, trois caractéristiques que les films de la Fox puis de Marvel Studios ont parfois eu du mal à réunir à l’écran. On a toujours salué le talent de Hugh Jackman dans le rôle de Logan, mais du haut de mètre quatre-vingt huit, difficile de lui prêter une fidélité aux comics. Ici, le personnage possède enfin cette silhouette de véritable boule de muscles que l’on connaît dans les comics, sans pour autant perdre en agilité.

Marvel's Wolverine

Arme très fatale

Et cette sensation se retrouve immédiatement manette en main. Se déplacer avec Logan est un bonheur de fluidité. Se battre avec lui aussi, tant les développeurs ont joué la carte de la furie à fond. Chaque mouvement donne cette impression de puissance contenue qui peut exploser à tout moment, et c’est probablement l’une des plus grandes réussites du jeu. Insomniac a surtout compris qu’avec Wolverine, les combats devaient être physiques. Le décor devient ainsi une véritable arme, Logan pouvant projeter ses ennemis contre un mur, les écraser contre un rebord ou utiliser les éléments qui l’entourent pour accentuer la violence des impacts. Et face à lui, les développeurs ont heureusement prévu du répondant : militaires, ennemis plus résistants, ninjas de The Hand (diable qu’ils sont coriaces), les sentilles (même à taille humaine) et surtout une galerie de boss et de sous-boss suffisamment coriaces pour rappeler que, malgré son facteur guérisseur et son squelette en adamantium, Wolverine n’est pas invincible. C’est d’ailleurs ce qui rend les affrontements aussi plaisants : Logan est une véritable machine de guerre, mais le jeu nous oblige malgré tout à rester attentifs, à parer au bon moment et à exploiter ses capacités pour prendre le dessus. Une approche finalement beaucoup plus proche de ce que l’on attend d’un Wolverine que d’un simple Spider-Man avec des griffes.

Et finalement, nous, cette approche à l’ancienne, elle nous a plu. Nous avons terminé l’aventure en environ 17 heures, un format qui nous paraît plutôt bien calibré pour ce type de jeu, d’autant que l’expérience ne s’arrête pas forcément au générique. De nombreux costumes et différents modèles de griffes sont à débloquer, auxquels s’ajoutent des défis qui permettent de prolonger un peu l’expérience pour ceux qui auront envie de retourner se défouler avec Logan. Alors oui, Marvel’s Wolverine est un jeu à l’ancienne. Parfois même un peu trop, notamment dans certaines mécaniques qui auraient mérité davantage de profondeur, mais si l’on adhère à cette philosophie, difficile de bouder son plaisir. Insomniac livre une aventure calibrée et violente, et surtout particulièrement plaisante à parcourir, qui ne cherche jamais à nous retenir artificiellement pendant des dizaines d’heures. Ce n’est peut-être pas le plus grand jeu de 2026, ni celui qui révolutionnera le genre, mais il fait assurément partie des expériences les plus plaisantes de l’année dans son style.

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