Les plus
- Les éléments fondamentaux de l’univers Garfield sont bien là
- Le level design est plutôt solide
- Les trois pouvoirs évitent la lassitude
- La maison à meubler incite à rechercher le 100%
- La durée de vie est très respectable pour le genre
- L’aventure est accessible aux plus jeunes
Les moins
- Le manque de bruitages plombe un peu l’ambiance
- Les phases de boss se ressemblent toutes
- Les graphismes ne sont pas au top de la modernité
- L’humour "quatrième mur" manque de nuance
- Le Miam-O-Mètre se remplit trop facilement
Garfield et les lasagnes, c’est une longue histoire d’amour. Garfield et les jeux vidéo… pas toujours ! Heureusement, sa dernière aventure en date nous propose un menu alléchant et plutôt satisfaisant.
Ayant investi l’univers du jeu vidéo dès les années 80, Garfield est passé entre les pattes de nombreux développeurs et a abordé plusieurs genres différents. Toutefois, l’ère moderne a particulièrement mis en avant les petits jeux mobiles sans grande ambition, ainsi que les jeux de kart (Garfield Kart en 2013, Garfield Kart : Furious Racing en 2019, Garfield Kart 2 - All You Can Drift en 2025). Heureusement, Escape from Monday vient casser cette routine et permet au gros chat paresseux de se frotter au genre du platformer 3D moderne. La recette est-elle savoureuse ?

Si Garfield a horreur des lundis, ce n’est pas à ce jour de la semaine qu’il doit échapper dans Escape from Monday, mais au Chef Monday, le roi des lasagnes… aux légumes ! Après avoir engouffré par mégarde un de ces maudits plats, le chat gourmand tombe dans les pommes. L’aventure peut alors commencer puisque ce sont ses rêves, ou plutôt ses cauchemars, que nous allons devoir parcourir à travers une trentaine de niveaux principaux. Ces derniers sont répartis dans trois univers différents, à la thématique systématiquement gastronomique. Le Cauchemar végétal nous fait affronter des tomates et des épis de maïs au milieu de légumes géants, le Royaume sucré fourmille de marshmallows, donuts, bonbons-crocodiles et autres confiseries, tandis que le Désert des grillades mêle hot-dogs, frites et pilons de poulet à une sympathique ambiance de Western. Non seulement ces biomes ont le bon goût (!) d’être en phase avec le personnage de Garfield, mais ils nous réservent également quelques surprises bienvenues, histoire de varier les plaisirs (usine de lasagnes, émission télé, vrai-faux passage sous-marin...). Les décors célestes des niveaux secondaires sont beaucoup moins enthousiasmants mais, contrairement à ce que peut laisser penser leur présence dans la mission de didacticiel, on y passe finalement peu de temps.
Contrairement à certains jeux qui démarrent à toute vitesse et s’essoufflent en cours de route, Escape from Monday ne fait pas forte impression dans les premiers niveaux, mais gagne indubitablement en capital sympathie au fil de la progression.
Le gameplay peut lui aussi décevoir au premier abord car il se limite essentiellement à un coup, un saut et une ruée. Heureusement, chaque biome donne l’occasion d’enfiler un costume nous accordant un pouvoir supplémentaire. Garfield-dindon peut plus ou moins voler en effectuant des triple sauts, Garfield-aquaplanchiste surfe sur les surfaces aquatiques ou chocolatées, et Garfield-cowboy se propulse vers certaines plateformes grâce à son lasso-grappin. Distillés ici et là au cours de l’aventure, ces moments particuliers relancent régulièrement l’intérêt et l’attention du joueur.

Des ingrédients savoureux
Contrairement à certains jeux qui démarrent à toute vitesse et s’essoufflent en cours de route, Escape from Monday ne fait pas forte impression dans les premiers niveaux, mais gagne indubitablement en capital sympathie au fil de la progression. La lassitude est d’autant moins de mise que le level design ponctue l’avancée générale en caméra libre de quelques passages en vue fixe, tout en laissant la possibilité aux explorateurs de dénicher des parts de lasagnes cachées dans les décors. Jamais fastidieuse, cette recherche de collectibles reste à la portée des joueurs les plus jeunes. Un peu de curiosité suffit donc pour atteindre le 100 %. Le ramassage de lasagnes se voit d’ailleurs récompensé par l’obtention de meubles permettant de décorer la maison de Jon, Garfield et Odie. Le placement de ces éléments n’est hélas pas libre, mais la présence de deux versions de chaque meuble incite tout de même à la complétion. Si les "lasagnes-collectibles" proposent un défi limité mais non trivial, celles relatives au Miam-O-Mètre nous paraissent en revanche beaucoup trop faciles à obtenir. Escape from Monday assume pleinement son statut de collect-a-thon (ou "jeu à patounes" pour les amateurs du Joueur du Grenier), et il n’est pas question de lui en tenir rigueur. Cependant, le ramassage des items placés sur le chemin principal pour guider le joueur semble suffire pour remplir pleinement la jauge. Un poil plus d’exigence pour cet objectif totalement optionnel aurait été le bienvenu.
Rien à redire en revanche en ce qui concerne la facilité globale de l’aventure ou l’IA extrêmement basique des adversaires, deux éléments facilement compréhensibles pour un jeu de plateformes destiné à la jeunesse. Le fait que frapper les ennemis redonne automatiquement un point de vie aurait toutefois pu être réservé à un hypothétique mode facile, mais ce n’est pas bien grave. Notre clémence à ce sujet découle à la fois de la variété des situations évoquée plus haut (ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais) et de la durée de vie de l’aventure, qui reste très correcte malgré l’absence de challenge. On peut facilement atteindre les dix heures en recherchant toutes les lasagnes et en re-parcourant chaque niveau en mode contre-la-montre.

Un p'tit manque de sel
À l’image de son personnage principal, le jeu n’est évidemment pas dénué de défauts. Le plus immédiat concerne les graphismes, pas vraiment à la hauteur des standards actuels. L’esthétique générale de la franchise est respectée, mais les différents éléments de décor manquent un peu de détails et de polygones. Sur une Switch 2 en mode portable ça passera très bien, mais la version PC ne risque pas de faire chauffer votre carte graphique dernier cri. Le manque d’interactivité avec les décors est également regrettable. Mais ce n’est pas tant l’aspect visuel que l’aspect sonore qui déçoit le plus. Nous ne parlons pas ici des musiques, qui s’avère très honnêtes et même réellement entraînantes pour certaines. C’est plutôt le manque général de bruitages d’ambiance qui pose problème. Les niveaux se semblent pas véritablement vivants, des bruits de pas manquent dans certaines cinématiques, les voix censées représenter les cris du public dans l’émission télé ne sont clairement pas celles d’une foule, et même l’animation de fin de niveau qui voit Garfield se faire aspirer par une télé paraît moins riche en effets sonores qu’elle ne le devrait. Le comble est atteint avec les écrans d’affichage de score des niveaux contre-la-montre, qui sont tout simplement muets. On espère qu’il s’agit là d’un oubli temporaire. Aucun patch ne devrait en revanche venir améliorer les phases de boss qui, si elles ne sont pas désagréables en soi, suivent toutes un principe identique (éviter plusieurs salves de projectiles, puis projeter une bombe sur le boss).
Il reste enfin la question de l’humour, qui se repose beaucoup trop sur l’abattage du quatrième mur. Si la présence de clins d’œil de ce type dans les messages de didacticiel a du sens, le fait que les dialogues y fasse appel de manière quasiment systématique est beaucoup plus gênant. Ce type d’humour risque de passer au dessus de la tête des joueurs les plus jeunes, tandis que son omniprésence lassera rapidement, voire agacera, les plus âgés. Il s’agit certes d’une des caractéristiques de la BD et de la série animée, mais son traitement aurait mérité ici un peu plus de retenue et de nuances.