En 2018, à l’occasion de la sortie de Octopath Traveler, Square Enix dévoilait au monde entier le style graphique HD-2D, qui intègre des personnages en pixel art à des décors réalisés en 3D. Depuis, la technique a notamment fait les beaux jours de Octopath Traveler II et 0, Triangle Strategy, The Adventures of Elliot : the Millennium Tales, ainsi que ceux des remakes de Live A Live, Dragon Quest I & II, et Dragon Quest III. Si cette liste regroupe du beau monde, il lui manquait jusqu’à aujourd’hui le prestige d’un Final Fantasy. Cette lacune est désormais comblée, et de fort belle manière.

Qui dit nouveau Final Fantasy dit nouveau monde et nouveaux personnages ! Le héros du jour n’est autre qu’un certain Rain, commandant de l’escadrille d’aéronefs du royaume de Grandshelt. Sa mission ? Constituer une équipe de choc et sauver le monde bien sûr. Très classique, l’histoire fait intervenir des cristaux magiques, des antagonistes maléfiques et des combattants pleins de bonne volonté. Autant le dire tout de suite : le scénario, la structure de l’aventure, le design des personnages et la nature des environnements ne versent jamais dans l’originalité . Cependant, un tel classicisme est à double tranchant. On peut dans un premier temps regretter que l’expérience se base sur des recettes qui, à défaut d’être totalement éculées, sont tout de même largement éprouvées.
D’ailleurs, les combats reposent sur un système au tour par tour à l’ancienne, qui n’embrasse même pas les principes de l’Active Time Battle, apparu pour la première fois dans Final Fantasy IV en 1991. Mais, en respectant les codes des plus anciens épisodes (gestion des faiblesses, invocation de chimères, attaques limites…), ce Final Fantasy nous fait retrouver les bonnes vieilles sensations d’antan. On a régulièrement l’impression de revivre l’une des aventures fondatrices de la prolifique saga. Cet aspect se voit renforcé par les graphismes HD-2D, qui évoquent le pixel art du siècle dernier. À l’image de certains remakes, Resonance ressemble aux premiers Final Fantasy tels que notre mémoire les a sublimés. Sauf qu’en réalité, la technique ne manque pas de modernité et nous offre un spectacle bien plus impressionnant que la 2D classique.

Entre tradition et modernité
Final Fantasy Resonance nous offre en effet l’une des meilleures applications pratiques, si ce n’est la meilleure, de la technique HD-2D. La fusion entre les personnages faits de pixels et les décors modélisés en 3D est particulièrement harmonieuse. Ici, l’ombre des nuages en déplacement anime la carte du monde, tandis que là, les ailes d’un moulin en mouvement viennent assombrir temporairement les environnements. Les effets de lumière dynamiques et les reflets détaillés vont de pair avec des textures précises et des effets spéciaux parfois explosifs. De plus, les villes et les donjons exploitent la profondeur pour dissimuler de nombreux chemins cachés et coffres secrets. Mais l’innovation majeure de cet épisode réside surtout dans la gestion très dynamique de la caméra. Les angles de vue fixes qu’on pouvait observer par exemple dans Octopath Traveler laissent ici la place à une caméra virevoltante, qui n’hésite pas à pivoter sur son axe et à zoomer sur l’action.
La mise en scène des petites cinématiques illustrant le déclenchement de certains pouvoirs n’a pas grand-chose à envier à celle d’un jeu purement 3D. À tel point que les pixels des personnages et de certains effets s’affichent parfois en très gros à l’écran. Certains joueurs trouveront peut-être cela inesthétique mais, de notre côté, nous apprécions fortement ce parti-pris. La seule véritable faiblesse de cette HD-2D réside dans certaines tentatives de mise en scène statique largement perfectibles. Le meilleur exemple en la matière se situe en début d’aventure, lorsque les héros se retrouvent au chevet du roi. On voit nettement que le sprite de base du personnage, debout et habillé, a simplement été glissé entre la tête de lit et le matelas pour simuler un alitement. Heureusement, les maladresses de ce type restent rares.

L'appel à un ami
Si, comme évoqué plus haut, les bases du gameplay sont classiques, Resonance présente tout de même particularités. La plus importante d’entre elles concerne le système de Visions, qui fait clairement du pied aux fans de la série. Des cristaux de vision disséminés dans le monde permettent en effet de libérer des guerriers spirituels, issus des pensées de héros appartenant à des univers parallèles. Il est possible de dénicher 26 Visions différentes, et non des moindres. L’incontournable Cloud est de la partie, mais également Lightning, Noctis ou encore Clive. Même Sephiroth. déblocable après un combat de boss optionnel, fait figure d’allié potentiel. Chaque personnage de l’aventure peut ainsi être équipé d’une Vision au choix, ce qui lui permet d’utiliser les aptitudes de la guest star du moment et de les combiner au mieux avec les siennes.
Le système de rang de maîtrise, qui représente le niveau d’affinité entre une Vision et un personnage, offre un bon sentiment de progression. Quant à la barre de choc des ennemis, elle trouve ici l’occasion de fournir plus qu’une simple immobilisation. Lorsque tous les adversaires rentrent en état de choc au cours d’un même tour, chaque membre de l’équipe dispose d’une action supplémentaire à la fin de ce tour. C’est alors l’occasion de déclencher les résonances qui donnent leur nom au jeu, et que l’on peut présenter comme des attaques dévastatrice dépendant des Visions actuellement équipées. Ce système, secondé par les mécaniques historiques de la saga, se montre suffisamment riche pour ne jamais lasser. Et c’est tant mieux, car il faut entre trente à quarante heures pour voir les crédits de fin, et près du double pour maximiser l’exploration et réaliser toutes les quêtes annexes.

Les plus
- On retrouve l’ambiance et les sensations des premiers FF
- Les graphismes HD-2D fonctionnent très bien la plupart du temps
- Les cinématiques sont aussi dynamiques que celles d’un jeu 3D
- Le système de combats au tour par tour ne manque pas de richesse
- Les Visions assurent le fan service
Les moins
- Le scénario se montre extrêmement classique
- Les différents lieux manquent également d’originalité
- Le mélange 2D/3D reste maladroit par moments
- Studio
- Square Enix
- Éditeur
- Square Enix
- Genre
- RPG
- Plateformes
- PS5Xbox SeriesPCSwitch 2Switch
- Durée de vie
- 30-40 heures
- Prix
- 50 €
- Classification
- PEGI 12