Laurely Birba
Laurely Birba

On ignore s’il aurait tenu le même discours si Compulsion Games avait continué d’être sous le giron de Microsoft, mais le directeur créatif de South of Midnight s’est laissé aller à une confidence pour le moins intéressante. En effet, lors d’une interview accordée à nos confrères de MinnNax, David Sears a reconnu que, à la place de Xbox (et de son patron Phil Spencer), il n’aurait pas financé le jeu.

South of Midnight, un mauvais pari de Xbox ?

« Ils finançaient beaucoup de jeux et un grand nombre de studios, explique-t-il. Je me disais : "Très bien. Manifestement, vos fonds sont illimités. Faites comme bon vous semble, mais en ce qui me concerne, je ne souhaite pas tout ça. Je ne veux pas ressentir la pression d’un budget énorme, ni être à la tête d’une armée de 600 développeurs. Je veux créer un jeu qui ne risque pas de mener Microsoft ou la division Xbox à la faillite." »

Aucun chiffre n’a été communiqué de manière officielle, mais selon certains analystes, le développement et la campagne marketing de South of Midnight auraient coûté une centaine de millions de dollars à Microsoft. Un budget colossal pour un titre qui n’avait pas des ambitions AAA, tout comme ses prédécesseurs We Happy Few et Contrast.

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Le syndrome de Cassandre

David Sears a essayé de chasser ses doutes. « Je me suis dit : "Peut-être que le jeu va être un immense succès, peut-être que Cassandre (en référence au syndrome de Cassandre, ndlr) va être agréablement surprise." Mais ce ne fut pas le cas, affirme-t-il. J’ai même prévenu les gens en leur disant : "Attention, les choses pourraient tourner au vinaigre" parce que, un jour, quelqu’un finira par dire : "On ferme les vannes." » Les conséquences seront alors dramatiques pour la suite. »

Invité à clarifier ses propos, David Sears a concédé que, s’il avait été à la place de Xbox, il n’aurait pas financé South of Midnight. « Avec le recul, la situation n’était pas viable. Donc, l’issue allait forcément être brutale, regrette-t-il. C’est facile d’analyser les choses aujourd’hui, mais à l’époque, lorsque j’échangeais avec d’autres membres de l’équipe, on se demandait : "Comment c’est possible ? Comment pouvons-nous être aussi chanceux ? Sommes-nous en plein âge d’or ?" À chaque fois, j’ajoutais : "Pour l’instant." »

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Il continue : « Il finit toujours par y avoir une nuit où Rome brûle. Je ne savais pas quand cela se produirait exactement, mais c’est quelque chose qui m’a toujours préoccupé. »

Compulsion Games redevient indépendant

David Sears a quitté Compulsion Games en 2025. À la suite du plan de restructuration initié par la division Xbox sous la houlette d’Asha Sharma, le studio canadien a retrouvé son indépendance tout en récupérant ses propriétés intellectuelles (We Happy Few, Contrast et South of Midnight). Le patron Guillaume Provost a fait savoir que, désormais, la priorité de Compulsion Games était de miser sur des projets collant à l’ADN du studio tout en assurant sa santé financière.

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