Valve aura pris son temps, mais la dernière pièce de son nouvel écosystème est enfin là. Après le Steam Controller en mai et la Steam Machine en juin, c’est au tour du Steam Frame de faire son entrée dans la danse. Il s'agit d'un casque VR autonome, désormais disponible en préco, avec une commercialisation qui débutera le 18 septembre prochain, soit dans quelques jours à peine. Et comme on pouvait s’y attendre au vu de ses ambitions, Valve n’a pas vraiment cherché à jouer la carte du prix cassé. Bien au contraire.
Le Steam Frame démarre en effet à 1 049€ dans sa version 256 Go, tandis que le modèle équipé de 1 To de stockage grimpe à 1 279€ (ouch !). Des tarifs qui placent immédiatement le casque dans une catégorie très premium et qui risquent de refroidir une bonne partie des joueurs curieux de découvrir la réalité virtuelle. Y en a encore d'ailleurs ?

Un casque VR, mais pas que
Si l'on en croit la grosse fiche technique du Steam Frame, le casque n’a pas été pensé comme un simple concurrent des masques Meta Quest et consorts. Valve veut en réalité proposer une machine capable de faire le lien entre la réalité virtuelle et l'immense bibliothèque Steam. Le casque fonctionne de manière autonome grâce à SteamOS et peut donc lancer des jeux sans être relié à un PC, tout en conservant la possibilité de streamer des titres plus exigeants depuis une machine suffisamment puissante. Sous le capot, Valve s'appuie sur un Snapdragon 8 Gen 3, accompagné de 16 Go de RAM LPDDR5X. Le stockage est disponible en 256 Go ou 1 To, avec la possibilité de l'étendre grâce à une carte microSD. Côté affichage, le Steam Frame embarque deux écrans LCD de 2 160 x 2 160 pixels par œil, associés à des lentilles pancake (c'est ainsi qu'ils appellent ça, j'y peux rien). Le taux de rafraîchissement monte jusqu'à 120 Hz dans les conditions normales, avec un mode 144 Hz encore présenté comme expérimental.
Le tout est intégré dans un casque que Valve veut relativement léger et confortable, avec un module central de seulement 185 grammes et un poids d'environ 440 grammes une fois l'ensemble du casque équipé de sa batterie et de son serre-tête. Le Wi-Fi 7 et le Bluetooth viennent compléter la fiche technique, tandis que le suivi des mouvements repose sur les caméras intégrées au casque et permet aux contrôleurs de profiter d'un suivi sur 6 degrés de liberté.
Half-Life Alyx autonome en cadeau de bienvenue
Valve avait toutefois encore une carte à jouer pour justifier cette orientation très haut de gamme : Half-Life Alyx. Chaque acheteur qui ne possède pas déjà le jeu recevra en effet une copie du titre avec son Steam Frame. Et pas n'importe quelle version, puisque Valve a développé une véritable édition autonome du jeu, capable de fonctionner directement sur le casque sans avoir besoin d'un PC pour lui fournir la puissance nécessaire. Un travail technique loin d'être anodin puisque Half-Life Alyx, conçu à l'origine pour fonctionner sur PC, a dû être porté de l'architecture x86 vers l'architecture ARM du Snapdragon 8 Gen 3. C'est aussi une manière pour Valve de montrer ce que son casque est capable de faire. Sorti en 2020, Half-Life: Alyx reste encore aujourd'hui l'une des références absolues de la réalité virtuelle, et son arrivée directement sur le Steam Frame donne une idée des ambitions de Valve pour son appareil.
La firme a d'ailleurs profité du temps écoulé depuis l'annonce du casque pour enrichir son programme de compatibilité. Plus de 130 jeux supplémentaires ont ainsi rejoint la liste des titres « Steam Frame Verified », sur le même principe que les jeux certifiés pour Steam Deck ou Steam Machine.

Un prix qui fait flipper
Le problème reste évidemment le prix. À 1 049€ minimum, le Steam Frame coûte plus du double d'un Steam Deck LCD et se retrouve très loin des tarifs pratiqués par les casques VR destinés au grand public. Valve ne cherche donc clairement pas à imposer la réalité virtuelle en cassant les prix. Et l'addition peut encore grimper en vrai. Le casque est livré avec un chargeur, mais Valve commercialise également un chargeur officiel de 45 W à 39€, un kit de remplacement des éléments de confort à 59€ et un kit d'accessoires ergonomiques à 69€. Ce dernier ajoute notamment des dragonnes pour les contrôleurs, une sangle supérieure pour le casque et un cache-lumière plus large. Valve assume donc un positionnement très différent de celui d'un appareil comme le Meta Quest, et ce Steam Frame se présente davantage comme une machine Steam autonome et polyvalente, capable de passer du jeu traditionnel à la réalité virtuelle, et de basculer vers le streaming PC lorsque ses propres capacités ne suffisent plus.
Reste maintenant à savoir si cette proposition particulièrement ambitieuse parviendra à convaincre au-delà du cercle des joueurs les plus technophiles. Sur un marché aussi concurrentiel et un peu niche il faut bien l'admettre, tout reste à prouver. "Bon chance" à Valve.
