Si vous suivez les conférences dédiées aux jeux indés, vous avez certainement remarqué depuis quelques années une véritable prolifération des cozy games. À tel point que ce qui constituait au départ l’archétype du projet personnel est devenu quasiment une industrie, avec ses codes et ses recettes prémâchées. Un capybara par-ci, une tasse de chocolat chaud par là, et le tour est joué ! Mais, de temps en temps, un projet sort du lot grâce à la beauté de sa direction artistique et la sincérité de son propos. Woodo fait incontestablement partie de ces trop rares pépites.

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L’expérience Woodo se vit à travers les souvenirs d’enfance de la narratrice qui, et c’est une première bonne surprise, sont entièrement doublés. Avec neuf langues audio et dix-neuf traductions textuelles différentes, le petit studio Tiny Monks Tales, soutenu par l’éditeur Daedalic Entertainment, a mis les petits plats dans les grands. Les joueurs de tous les pays peuvent donc profiter de cette histoire de vacances estivales. Foxy, une renarde des villes sous perfusion wifi et accro à son téléphone portable, croise le chemin de Ben, une grenouille des champs entourée d’oies malicieuses. La première finit bien entendu par accompagner la seconde dans ses escapades campagnardes, se créant ainsi des souvenirs plus durables qu’une énième discussion en ligne. Présenté ainsi, le "scénario" peut paraître banal et cliché, mais la narration, qui se mêle parfois d’ailleurs aux scènes interactives, vise parfaitement juste. Touchante sans être mièvre, simple sans être ennuyeuse, elle joue sur la corde nostalgique avec sobriété et sincérité.

Woodo

Le propos nous embarque d’autant plus facilement qu’il se voit supporté par une direction artistique et une réalisation technique absolument irréprochables. Le design des personnages et des décors évoque les meilleurs livres pour enfants, tandis que la qualité des modélisations, des textures et des éclairages n’a pas grand-chose à envier à de véritables séquences 3D pré-calculées. C’est beau, c’est fluide, et même les plus petits éléments des décors ont été réalisés avec soin. Les dioramas qui composent le jeu donnent véritablement l’impression d’être faits de bois, sans jamais paraître trop statiques, de multiples petites animations venant apporter de la vie à l’ensemble.

Le jeu cozy qui envoie du bois

Présenté officiellement, et assez maladroitement, comme un "livre de coloriage en 3D", Woodo nous demande en réalité de reconstituer des dioramas en plaçant différents éléments volumétriques à leur place. L’expérience tient donc plutôt du puzzle 3D, que l’on peut faire tourner et changer d’échelle à volonté afin de dénicher les emplacements les mieux cachés, certains d’entre eux étant même dissimulés à l’intérieur de tiroirs ou placards. Rien de compliqué dans tout cela, mais la variété des formes et des tailles ne rend pas l’expérience triviale pour autant. D’ailleurs, aux premières scènes limitées à une dizaine d’objets succèdent des dioramas qui dépassent parfois allègrement la centaine de pièces. Des petites variations de gameplay et d'interface (pièces fournies une par une, éléments à ramasser directement dans les décors plutôt que dans un menu, succession de mini-tableaux à la place d’un seul gros diorama, emplacements indiqués uniquement par des reflets dans l’eau...) viennent également casser la routine.

Woodo

Par sa narration, ses graphismes, le caractère extrêmement satisfaisant des interactions, et des petits changements toujours bienvenus, le jeu ne s’avère jamais lassant. Conçu pour la détente plutôt que le challenge (et donc dépourvu de chronomètre, score, ou tout autre système de gratification artificiel), il représente une parenthèse extrêmement agréable entre deux FPS hardcore et trois RPG touffus. Alors bien sûr, la durée de vie d’une telle expérience reste très limitée. Comptez un peu plus de 4 heures en ligne droite, et environ 5 heures si vous souhaitez dénicher les petits moines (clin d’œil au nom du studio) cachés dans les décors. Terminons ce test coup de cœur par un petit regret personnel, qui tient plus de la demande déguisée que du véritable reproche : la version PC ne propose pas de mode VR alors que le gameplay, fait de dioramas et de pièces à placer dans un espace 3D, s’y prête parfaitement.

Les plus

  • Une direction artistique absolument sublime
  • Une 3D « en bois » quasiment palpable
  • Un gameplay simple et relaxant
  • Une ambiance nostalgique jamais mièvre
  • Un doublage audio disponible dans 9 langues (anglais, français, chinois...)

Les moins

  • Le jeu se termine en 4 heures
  • On veut un mode VR !
Studio
Tiny Monks Tales
Éditeur
Daedalic Entertainment
Genre
Cozy game
Plateformes
PC plateforme testéePS5Xbox SeriesSwitch 2Switch
Durée de vie
4h-5h
Prix
20 €
Classification
PEGI 3

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