Après avoir revisité le mythe du vampire avec Nosferatu en 2024, Robert Eggers s'attaque cette fois-ci à une autre figure incontournable du folklore avec Werwulf La Bête Maudite. Le cinéaste américain vient justement de dévoiler le 2ème trailer de son nouveau film, et ces nouvelles images permettent d'en voir un peu plus sur cette histoire située dans l'Angleterre du XIVème siècle. Aaron Taylor-Johnson y incarne un fermier confronté à une terrible malédiction, tandis que Lily-Rose Depp, Willem Dafoe et Ralph Ineson complètent un casting que les habitués du cinéma d'Eggers connaissent déjà bien. Mais cette fois-ci, ils ont tous des gueules bien fracassées. Mais ce nouveau trailer confirme surtout que Werwulf ne ressemblera pas aux films de loups-garous auxquels le cinéma nous a habitués.
C'est pas la transformation qui compte
L'histoire se déroule donc au XIVème siècle, à une époque où les loups vivent encore dans certaines régions d'Angleterre. Aaron Taylor-Johnson interprète un fermier frappé par une mystérieuse malédiction et qui cherche justement à s'en débarrasser. Mais sa situation attire rapidement l'attention d'un chasseur, incarné dans le film par Willem Dafoe au physique terrifiant. Le film de Robert Eggers ne devrait donc pas simplement raconter l'histoire d'un homme qui se transforme en loup-garou, mais plutôt comment cette transformation peut être perçue dans un monde où la religion, les superstitions et les croyances populaires occupent une place centrale. Eggers affirme qu'il voulait revenir à une période où ces histoires appartenaient encore au folklore et pouvaient être racontées comme des récits de malédiction. Pour lui, la peur vient autant des croyances (l'ignorance?) des personnages que de la créature elle-même.
Le synopsis du film présente d'ailleurs Werwulf comme "l'expérience la plus viscérale et la plus hantée" de Robert Eggers à ce jour, avec une histoire qui tourne autour du mal qui peut exister en chacun de nous. Et ça se ressent d'ailleurs dans les images de cette 2ème bande annonce.

Un film entièrement tourné en moyen anglais
Comme pour ses précédents films historiques, Robert Eggers ne s'est pas contenté de recréer les décors et les costumes de l'époque, puisque le filmmaker (pardonnez cet anglicisme, mais j'avais envie de le placer) a également voulu retrouver la langue parlée par les habitants de l'Angleterre médiévale. Tous les dialogues de Werwulf ont ainsi été écrits et interprétés en moyen anglais, qui était utilisée entre le XIème et le XVème siècle. Cela veut dire que même les spectateurs anglophones devront probablement compter sur les sous-titres pour comprendre certains dialogues. Pour ce faire, Robert Eggers a travaillé avec deux professeurs de l'université d'Oxford afin de reconstituer ces dialogues anciens et la prononciation correspondant à cette période. Un choix radical, mais qui va de pair avec la démarche du réalisateur américain, qui n'est pas à sa première folie jusqu'au-boutiste de ses œuvres.
Et histoire d'aller jusqu'au bout de son délire, Eggers a aussi pris la décision qu'aucun personnage de son métrage ne possèdera de nom, à l'exception du chien. En gros, personne ne va s'appeler par son prénom durant tout le film. Là encore, l'idée est de faire disparaître au maximum les repères modernes pour placer le spectateur directement dans cette Angleterre du XIVème siècle, abrupte et sale.

Faut que ça fasse sale
Le deuxième bande annonce de Werwulf permet également de mieux apprécier le travail réalisé sur la photographie, sachant que ce dernier a été tourné en pellicule 35 mm, avec un format d'image proche du carré (4:3, c'est tendance) qui renforce encore cette impression de film ancien. La photographie joue beaucoup sur les contrastes, les ombres et la lumière naturelle, avec une image qui évoque parfois les vieux films en noir et blanc. Le grain de la pellicule est volontairement visible et donne aux paysages et aux visages une texture très particulière. Perso, j'adore déjà.
Le film semble aussi laisser une place importante aux ténèbres et aux sources de lumière naturelles, ce qui correspond assez bien à l'univers du réalisateur. À noter que le tournage s'est déroulé en Angleterre bien évidemment, dont une partie aux Sky Studios d'Elstree, dans la forêt de Bourne Wood, dans le Surrey, ainsi que dans le Devon. Là encore, Robert Eggers a privilégié des décors réels et des environnements capables de renforcer l'aspect historique du film.

Un casting avec des têtes qui font peur
Robert Eggers retrouve aussi plusieurs de ses acteurs fétiches, et le réalisateur semble une nouvelle fois avoir pris un malin plaisir à leur faire subir quelques transformations physiques assez radicales. Aaron Taylor-Johnson campe le rôle principal, et même si on le reconnait bien, il apparait avec un visage marqué et une apparence volontairement éprouvée qui a pour but de montrer qu'il est la bête traquée. Lily-Rose Depp connaît elle aussi une transformation assez radicale. L'actrice, habituellement associée à une image beaucoup plus glamour, apparaît ici avec un important bec de lièvre qui modifie complètement son visage.

Mais celui qui décroche probablement la palme du personnage le plus inquiétant est Willem Dafoe. L'acteur a toujours eu un physique particulièrement cinégénique, avec ce visage anguleux et immédiatement reconnaissable entre mille. Dans Werwulf, Eggers exploite justement sa gueule de cinéma, à tel point que Willem Dafoe apparaît plus inquiétant que la créature elle-même. Son visage anguleux, rugueux, son regard froid et son apparence générale donnent parfois davantage l'impression d'avoir affaire au loup-garou qu'à celui qui est censé le traquer.

Dans tous les cas, avec cette 2è bande annonce, Werwulf confirme surtout que Robert Eggers continue de faire les choses à sa manière et c'est tant mieux. Après les sorcières de The Witch, le phare de The Lighthouse, les Vikings de The Northman et les vampires de Nosferatu, le réalisateur s'intéresse maintenant au loup-garou, et ça risque encore une fois de marquer les esprits. Werwulf La Bête Maudite sortira le 25 décembre 2026 aux États-Unis, puis le 6 janvier 2027 en France au cinéma.
