On va pas se mentir, il se passe quelque chose d’assez particulier avec ce nouveau film Resident Evil. Car mine de rien, c'est aujourd'hui qu'il sort dans les salles obscures françaises, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la campagne marketing est d'une discrétion affolante. Peu de présence médiatique, aucune critique disponible avant la sortie du film, une campagne qui semble étonnamment discrète et surtout une hype quasiment inexistante sur les réseaux sociaux. À tel point qu’une question commence à se poser : les marketeux de Sony Pictures auraient-ils été refroidis par le mauvais accueil réservé au film par les internautes lors de la diffusion des bandes annonces ?
Parce que oui, les premières images de Resident Evil n’ont effectivement pas déclenché l’enthousiasme espéré. Sur les réseaux sociaux, une partie du public s’est montrée particulièrement sévère avec les trailers, certains reprochant au film de ne pas suffisamment ressembler aux jeux, tandis que d’autres semblaient déjà avoir condamné le projet avant même d’avoir pu le découvrir. À tel point que Zach Cregger avait dû monter au créneau pour justifier ses choix lors d'interviews. Quoiqu'il en soit, Resident Evil arrive en salles avec une communication finalement assez mesurée pour un film qui aurait pu être vendu comme un véritable événement horrifique.

Et si les internautes s’étaient trompés ?
C’est là que la situation devient intéressante, car les premières critiques professionnelles commencent finalement à tomber et les retours ne sont pas du tout aussi catastrophiques que ceux que l’on pouvait lire sur Internet. Plusieurs médias saluent même le travail de Zach Cregger, son approche de l’horreur et surtout sa volonté de retrouver les sensations des jeux plutôt que de simplement reproduire leur scénario. La critique de nos confrères de Première (fraîchement publiée) résume particulièrement bien ce changement de perception :
« On avait fini par croire Resident Evil inadaptable. Car à chaque fois les studios faisaient la même erreur, prenaient une expérience de trouille pour un terrain de jeu d'action blockbusterisée. Zach Cregger, lui, a compris ce que trente ans de blockbusters avaient précisément manqué. Sa boussole, c'est Evil Dead II, et son film est conçu comme une “lettre d'amour aux jeux”. »
Chez Numerama, on salue le retour des jump-scares intelligents : « La violence y est brutale, graphique et sans aucune concession, réservant quelques démembrements particulièrement croustillants qui ont fait grincer des dents la moitié de la salle. Surtout, le réalisateur redonne des lettres de noblesse au jump scare. »
Resident Evil ne serait finalement pas cette nouvelle tentative maladroite de transformer le jeu vidéo en blockbuster hollywoodien, mais au contraire une adaptation qui aurait compris que la force de la licence réside avant tout dans son mélange de peur, d’exploration, de tension et bien sûr d’action. Il faut évidemment rester prudent, puisque quelques critiques positives ne suffisent pas à transformer ce Resident Evil en succès critique, et le véritable verdict viendra du public et du box-office. Mais le décalage est suffisamment important pour être souligné.

Un Resident Evil différent
Le film de Zack Cregger ne cherche d’ailleurs pas à adapter directement Resident Evil 2, Resident Evil 4 ou un autre épisode culte. Ici, l’histoire suit Bryan, un coursier médical qui se retrouve plongé dans une nuit de chaos après le déclenchement d’une épidémie. Une manière pour le réalisateur de reprendre les codes fondamentaux de la franchise, l’exploration, les créatures, la survie, les environnements oppressants et cette sensation de danger permanent, sans forcément raconter une histoire déjà connue. C’est peut-être aussi ce qui explique le manque de lisibilité de la campagne. Pour vendre un nouveau Resident Evil, il était beaucoup plus simple de montrer Leon Scott Kennedy, Jill Valentine, Chris ou Claire Redfield que de présenter un nouveau personnage dont personne ne connaît encore l’histoire. Forcément, lorsque les premières images ont en plus été accueillies froidement sur Internet, le choix d’une communication plus prudente peut se comprendre.
Heureusement, le film que certains internautes avaient déjà enterré avant sa sortie commence à recevoir des critiques plutôt encourageantes. Reste donc à savoir si le bouche-à-oreille parviendra à faire ce que la campagne marketing n’a visiblement pas réussi à provoquer, à savoir donner envie au public d'aller au cinéma.