Maxime Chao
Maxime Chao

Sorti depuis plus d’une semaine, Street Fighter connaît des débuts compliqués au cinéma. Le film peine à convaincre au box-office et les critiques sont loin d’être tendres avec cette adaptation du célèbre jeu de baston de Capcom. Pour autant, Kitao Sakurai, le réalisateur, ne semble pas regretter ses choix, bien au contraire. Dans un entretien accordé à The Hollywood Reporter, le cinéaste assume pleinement le ton déjanté de son long-métrage, qui n’a d'ailleurs jamais eu vocation à ressembler à un film sombre et réaliste à la Batman Begins, selon ses mots. Car si certains fans auraient préféré une approche plus sérieuse, Legendary, le studio derrière le projet, voulait justement retrouver le côté absurde et complètement barré de l’univers Street Fighter. Et Kitao Sakurai explique très clairement pourquoi il n’a jamais été question de faire autrement. Et quand on connaît le parcours du réalisateur, passé par The Eric Andre Show et la comédie Bad Trip, on comprend assez vite pourquoi Legendary a fait appel à lui.

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"Un Street Fighter à la Batman Begins ? Certainement pas !"

« Si j’avais proposé le Batman Begins de Street Fighter, nous ne serions certainement pas en train de discuter aujourd’hui », explique le réalisateur au journaliste de The Hollywood Reporter. En gros, il n’a jamais été question de transformer Ryu et Ken en héros torturés, dans un monde où chaque combat devrait avoir des conséquences dramatiques. Le producteur Cale Boyter, chez Legendary, tenait même à conserver cette énergie déjantée qui fait partie de l’identité de la franchise, selon lui. C'est la raison pour laquelle Kitao Sakurai était plutôt bien placé pour répondre à cette demande. Son travail a toujours été marqué par un goût prononcé pour l’absurde, avec des situations qui peuvent sembler complètement folles sur le papier, mais qui fonctionnent grâce à l’énergie qu’elles dégagent. Il explique qu’une scène n’a pas forcément besoin d’être parfaitement logique pour être intéressante. Si elle apporte quelque chose au film et qu’elle participe à son ambiance, elle peut trouver sa place dans le récit.

C’est cette philosophie qu’il a voulu appliquer à Street Fighter, en plaçant la relation entre Ken et Ryu au cœur de l’histoire, interprétés respectivement par Noah Centineo et Andrew Koji. Dans le jeu comme dans le film, les deux combattants sont présentés comme des amis devenus frères adoptifs, qui vont devoir renouer les liens après s’être éloignés. Le réalisateur s’est aussi permis quelques choix visuels assez inattendus. Pour raconter certains événements du passé, il a opté pour des séquences animées dessinées à la main, avec un style inspiré des animés des années 1990. Une idée qui rappelle forcément Kill Bill de Quentin Tarantino. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’était pas une manière de réduire les coûts. Kitao Sakurai explique que l’animation traditionnelle demande beaucoup de temps et d’argent, mais que ces scènes animées étaient là pour trouver une façon différente de raconter son histoire.

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Les critiques n’ont pas suivi, le public davantage

De toutes les façons, tout le monde n’a pas été convaincu par le résultat. Sur Rotten Tomatoes, le film affiche 41% auprès des critiques, contre 78% pour les spectateurs. Chez screenactu, on lui a collé la noté de 4.1/10, soit la moyenne de la presse internationale. On a visé juste. Forcément, avec un résultat aussi médiocre, difficile d'envisager une suite, même si la fin de Street Fighter laisse quelques portes ouvertes pour la suite, avec des pistes qui pourraient être développées dans un prochain film. Mais pour le moment, rien n’est encore lancé. Interrogé sur le sujet, Kitao Sakurai confirme que la question a été évoquée, sans qu’un scénario ait été écrit ni qu’un projet concret ait été mis en route. Le réalisateur ne cache pas son envie de retrouver cet univers, d’autant que les acteurs semblent eux aussi avoir passé un excellent moment sur le tournage. Mais avant de penser à un deuxième épisode, il faudra évidemment que Legendary soit convaincu que le premier a suffisamment bien fonctionné. De notre côté, on estime que le massacre peut s'arrêter là.

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